Impôt sur une maison secondaire : loi, régime fiscal et astuces à connaître

La taxe d’habitation demeure exigible sur une résidence secondaire, même lorsque l’occupant en est exonéré pour sa résidence principale. La plus-value réalisée lors de la revente n’échappe pas à l’impôt, sauf cas très particuliers, inversant la logique appliquée à la résidence principale.

Certains dispositifs permettent néanmoins de réduire la pression fiscale, à condition de respecter des critères précis. Les collectivités peuvent aussi appliquer une majoration de taxe, modulant ainsi la charge selon la localisation du bien.

Résidence secondaire : ce que dit la loi et qui est concerné

La résidence secondaire correspond à tout logement détenu en plus de l’habitation principale, utilisé ponctuellement et distinct du domicile habituel. La réglementation ne laisse place à aucune ambiguïté : dès lors qu’un bien ne constitue pas la résidence principale du propriétaire, il entre dans la catégorie des résidences secondaires. Que ce soit une maison de famille, un pied-à-terre en ville ou un appartement dédié aux vacances, la règle s’applique.

Détenir une résidence secondaire oblige à signaler la situation d’occupation du bien à l’administration fiscale. Depuis peu, cette déclaration s’impose à tout propriétaire, qu’il soit particulier ou société, via l’espace personnel sur impots.gouv.fr. Elle permet de différencier clairement l’habitation principale de la secondaire. Un oubli ou une erreur expose à des sanctions : l’administration veille au respect du cadre, surtout dans les zones où la pression immobilière s’intensifie.

L’acquisition d’un bien à usage secondaire implique de se plier à une fiscalité particulière. Qu’il soit vacant, loué ou occupé par le propriétaire, ce logement ne bénéficie pas des régimes réservés à la résidence principale. Peu importe la surface ou la localisation, toute habitation non principale entre dans ce périmètre, du studio urbain à la maison isolée à la campagne.

Les propriétaires de résidences secondaires sont donc tenus de respecter les règles déclaratives et d’évaluer l’impact fiscal de leur bien. L’administration reste attentive aux usages, en particulier dans les communes touristiques ou tendues, où la rareté du logement alimente la vigilance des services fiscaux.

Quelles taxes et impôts s’appliquent à une maison secondaire ?

Détenir une maison secondaire implique de composer avec une fiscalité propre. Chaque année, le propriétaire paie la taxe foncière, calculée à partir de la valeur locative cadastrale. Ce montant fluctue selon les caractéristiques du bien : surface, équipements, emplacement, tout est passé au crible par la commune. S’ajoute la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Si cette taxe a disparu pour les résidences principales, elle demeure pour les logements secondaires, qu’ils soient occupés régulièrement ou non.

Depuis 2023, de nombreuses communes en zone tendue appliquent une surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires. L’intention est claire : limiter le nombre de logements inoccupés et favoriser l’accès à la location pour les habitants à l’année. Selon la décision locale, le supplément peut grimper jusqu’à 60 % de la taxe initiale. Par ailleurs, la taxe sur les logements vacants peut s’ajouter si le bien reste inoccupé trop longtemps, sauf motifs particuliers (travaux, vente en cours, etc.).

D’autres contributions peuvent s’inviter. En cas de revente, la plus-value immobilière est taxée, sauf rares exceptions. Les détenteurs d’un patrimoine immobilier supérieur à 1,3 million d’euros sont par ailleurs soumis à l’impôt sur la fortune immobilière. Pour chaque imposition, le calcul dépend de la déclaration d’occupation transmise à l’administration fiscale. La gestion fiscale d’une habitation secondaire demande donc anticipation et vigilance, chaque commune ajustant ses taux selon sa politique.

Exonérations, allègements et cas particuliers : ce qu’il faut savoir

Certains dispositifs offrent des possibilités de réduction ou suppression de taxe sur une résidence secondaire, mais les conditions restent serrées. Quelques situations spécifiques peuvent permettre d’échapper à la taxe d’habitation ou de bénéficier d’une réduction de taxe foncière. Exemple : un propriétaire hébergé durablement en maison de retraite ou en établissement médicalisé peut être exonéré de taxe d’habitation, à condition de respecter des plafonds de revenus et que le logement ne soit pas loué.

Autre situation envisageable : la présence du bien en zone de revitalisation rurale (ZRR). Si la commune est classée en ZRR, un abattement ou une exonération temporaire de taxe foncière peut s’appliquer, sous réserve que le bien réponde à certains critères d’usage ou que des travaux de rénovation soient réalisés. Ce dispositif vise à encourager la remise en état des logements dans les zones en perte de population.

Le régime fiscal prend aussi en compte le démembrement de propriété. L’usufruitier, celui qui occupe ou loue le bien, supporte alors la charge fiscale. En cas de succession, il arrive que la vente d’un bien dans l’année suivant le décès ouvre droit à une exonération de plus-value immobilière, selon les critères fixés par l’administration.

Voici quelques cas particuliers à connaître :

  • Non-résident : une personne domiciliée à l’étranger doit s’acquitter des taxes locales pour sa résidence secondaire en France, mais un abattement partiel peut s’appliquer selon la situation.
  • Meublés tourisme classés : lorsqu’un logement obtient le classement « meublé de tourisme », il bénéficie d’une fiscalité allégée, notamment un abattement de 71 % sur les revenus locatifs, sous réserve de respecter les critères réglementaires.

Femme souriante devant la porte d

Conseils pratiques pour optimiser la fiscalité de votre résidence secondaire

En tant que propriétaire de résidence secondaire, il est possible d’ajuster la gestion fiscale en fonction de l’utilisation du bien et du statut choisi. La location meublée non professionnelle (LMNP) offre des opportunités concrètes : ce régime s’adresse à ceux qui louent un bien meublé sans en faire leur principale activité, et qui ne perçoivent pas plus de 23 000 euros de revenus locatifs par an. Deux options s’offrent alors : le micro-BIC (abattement forfaitaire de 50 % sur les recettes) ou le régime réel BIC, avantageux si les charges déductibles (intérêts d’emprunt, travaux, assurance) dépassent l’abattement du micro-BIC.

Le régime réel permet aussi d’amortir le bien et le mobilier, un mécanisme souvent ignoré qui allège notablement la fiscalité sur les loyers perçus. Ceux qui privilégient la location saisonnière ou qui passent par des plateformes comme Airbnb ont intérêt à faire classer leur bien en meublé de tourisme, ce qui permet de bénéficier d’un abattement porté à 71 % en micro-BIC.

Quelques pistes concrètes à explorer :

  • Vérifiez si votre commune applique la taxe sur les logements vacants ou une surtaxe d’habitation, fréquente dans les zones à forte tension immobilière.
  • Pour les locations nues, le régime micro-foncier s’applique lorsque les recettes annuelles restent sous le seuil de 15 000 euros, avec un abattement de 30 %.

Adapter ces régimes à votre situation permet d’alléger la taxe foncière résidence secondaire et la taxe d’habitation résidence secondaire. Restez vigilant dans vos déclarations à l’administration fiscale : anticiper chaque étape, c’est la meilleure façon de piloter sereinement le patrimoine et d’éviter les mauvaises surprises.

Posséder une maison secondaire, c’est conjuguer plaisir et vigilance : chaque choix fiscal trace une trajectoire, à chacun de décider de la sienne, entre contraintes et opportunités.