L’identité de la femme de Guizmo révélée

La trajectoire de Guizmo ne suit aucune ligne droite, et c’est justement là que réside toute sa force. Depuis plus d’une décennie, ce rappeur né à Villeneuve-la-Garenne trace sa route sans détour, fidèle à une sincérité que personne ne lui conteste. Son nouvel album, « Amicalement Vôtre », n’est pas qu’un disque de plus : c’est l’écho d’une parole qui ne se travestit jamais. Rencontre avec un artiste qui pose ses doutes, ses désirs et ses cicatrices sur la table, sans détour.

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[ Chronique] Guizmo n’a plus peur de se souvenir

Il y a dix ans, Guizmo débarquait à peine majeur dans le paysage du rap français. Il s’est imposé à coups de phases cinglantes dans les battles Contenders, entouré d’une bande de potes aussi passionnés que lui. Nekfeu, Deen Burbigo, Alpha Wann : une génération portée par l’envie de bousculer les codes, de montrer que le rap peut jongler avec les mots et ne pas se cantonner à la noirceur des récits de rue. À cette époque, les vidéos YouTube s’enchaînent, l’énergie est brute, l’ambiance électrique. Guizmo s’illustre lors des open mics, multiplie les clips, et fait souffler un vent neuf sur le genre avec le collectif Entourage.

Rapidement, il se fait remarquer, enchaîne les projets et s’affranchit des cases. La rupture avec l’Entourage ne l’a pas fait flancher. Malgré son jeune âge, il pose un regard lucide sur ce qui l’entoure, et balance des rimes à la pelle, sans filtre. Ce qui frappe, c’est cette spontanéité quasi désarmante. L’alcool, les joints : pour lui, ce ne sont pas de simples à-côtés. Ils tissent le fil de son quotidien, jusqu’à devenir un mode de vie risqué, parfois autodestructeur. Pourtant, Guizmo ne lâche rien. Après une période de mixtapes et de collaborations qui n’ont pas toujours convaincu, il réapparaît en 2017, décidé à renouer avec le rap qui l’a fait connaître. Son public, fidèle, attend ce retour avec impatience.

Avec « Amicalement Vôtre », Guizmo livre un album dense, personnel, traversé par une sincérité à fleur de peau. Il ne masque rien : sur seize morceaux, il invite l’auditeur à le suivre dans ses déambulations, qu’elles longent les rues de Paris ou les chemins plus tortueux de ses souvenirs. Une expérience marquante, qui colle à la peau et refuse de s’effacer. Dès l’ouverture, il prévient : « Violence et paranoïaque bah ça fait partie de mon entraînement. » Lamine Diakité, son nom à l’état civil, ne se cache plus. Il affronte ses fantômes, pose des mots sur des douleurs longtemps enfouies. Sa voix vacille parfois, trahissant l’émotion qui l’accompagne jusque dans le geste, la feuille, la canette à portée de main.

Guizmo ose enfin regarder en face ce qui l’a construit et abîmé. Il évoque son père absent, les expulsions qui ont marqué son enfance, ses virées nocturnes, l’alcoolisme, des histoires de famille qu’il n’avait jamais vraiment abordées avant. Il en parle sans détour, avec une honnêteté rare dans un genre qui préfère souvent l’esquive. Un portrait complexe, traversé de paradoxes, mais qui assume ses failles et ses choix. Aujourd’hui, Guizmo avance, épaulé par sa compagne et leur enfant. Il ne s’invente pas une autre vie, il compose avec celle qu’il s’est forgée, entre rage, tendresse, et l’envie de ne plus reculer.

Simon Virot

. @GuizLaBanquise : « Rap a volé beaucoup de moments de vie » par @alohanews_ @imamnikita Cliquez sur TotWeet