Un animal qui court plus vite qu’un cycliste en ville, qui couve cinquante œufs d’un coup, et dont la présence en France relève presque du secret : voilà le nandou. Oubliez l’image de l’autruche cantonnée à l’Afrique ou celle de l’émeu indissociable de l’Australie. L’Amérique du Sud, elle, a son propre géant à plumes, le nandou, qui se glisse parfois jusqu’à nos campagnes basques sans faire de bruit.
Le nandou basque : un oiseau méconnu à la silhouette d’autruche
Le nandou retient d’emblée l’attention grâce à sa stature hors norme. Cet animal, grand échassier incapable de voler, est l’un des membres représentatifs de la famille des ratites. Sa carrure évoque l’autruche, pourtant il s’affirme par ses propres particularités dans la grande famille des coureurs à plumes. En France, quelques spécimens, parfois désignés comme « nandou basque », vivent discrètement, très loin de leurs terres d’origine d’Amérique du Sud.
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Deux espèces dominent le paysage. D’un côté, le nandou d’Amérique (Rhea americana), souverain des pampas, qui atteint jusqu’à 1,50 mètre et avoisine les 30 kg. De l’autre, le nandou de Darwin (Rhea pennata), un peu plus petit, originaire de Patagonie, qui mesure autour d’un mètre pour une dizaine de kilos. Fait marquant : ce dernier a croisé la route de Charles Darwin lors de ses expéditions dans le canal Beagle, ancrant son souvenir dans l’histoire de la biodiversité et des sciences naturelles.
Côté reproduction, les nandous renversent les codes habituels. Ici, c’est le mâle qui prend l’initiative : il construit le nid, couve une cinquantaine d’œufs, puis veille farouchement sur la couvée. Ces groupes sociaux mixtes peuvent compter jusqu’à cent individus, certains veillant tandis que d’autres explorent, ce qui favorise des comportements collectifs variés et renforce la cohésion.
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Ce mode de vie confère au nandou un statut à part parmi les espèces animales acclimatées en Europe. Loin d’être des figurants, ces oiseaux façonnent leur environnement : leur régime alimentaire, particulièrement adaptable, influence tout un pan des espèces végétales et animales locales. Leur présence sporadique en Europe interroge sur la gestion de la biodiversité et les zones grises entre animal d’ornement, animal naturalisé ou préservé.
Quelles sont les particularités qui distinguent le nandou des autres grands oiseaux ?
Derrière son apparence qui pourrait prêter à confusion, le nandou n’est pas simple copieur d’autruche. Il affiche des caractéristiques anatomiques et comportementales bien à lui : trois doigts à chaque patte, contre deux chez sa cousine africaine. En pleine course, ses ailes, bien développées, servent de balanciers pour d’impressionnantes manœuvres d’évitement, utile face aux prédateurs des pampas ou de Patagonie.
Pour mieux cerner ce qui sépare les deux espèces de nandous, ces différences retiennent l’attention :
- Taille : le nandou d’Amérique grimpe à 1,50 mètre, le nandou de Darwin reste autour d’un mètre.
- Poids : de 20 à 30 kg pour l’un, une dizaine de kilos pour l’autre.
- Vitesse : jusqu’à 60 km/h, largement de quoi distancer un coureur humain.
Leur reproduction se démarque par le dévouement du mâle, qui bâtit le nid, accepte les œufs de plusieurs femelles, veille sur toute la couvée, parfois une cinquantaine, et assure la survie du groupe. Cette dynamique rare chez les oiseaux soude les rassemblements, certains atteignant la centaine de têtes dans les plaines sud-américaines.
Niveau alimentation, le nandou fait preuve d’opportunisme : il se nourrit aussi bien de graines, de plantes herbacées, que de fruits, d’insectes ou de petits vertébrés. Ce menu varié lui ouvre l’accès à des environnements variés et garantit sa résilience face au climat changeant. À ce titre, il occupe un rôle original dans la biodiversité sud-américaine et concrétise à merveille la notion d’adaptation.
Parmi les ratites, le nandou a pour lui l’avantage d’une vie sociale riche, d’une grande mobilité et d’un effet structurant sur les écosystèmes ouverts. Sa discrétion masque en réalité une stratégie évolutive redoutablement efficace.
Posséder un nandou en France : ce que dit la législation
La rencontre avec un nandou sur le sol français tient pratiquement du hasard, mais la question de sa détention n’est jamais à prendre à la légère. Ce grand animal sauvage originaire d’Amérique du Sud ne s’apprivoise pas à la légère. Nandou d’Amérique ou nandou de Darwin, peu importe : leur possession s’accompagne de procédures rigoureuses.
L’élevage d’un tel oiseau ne s’improvise pas. Placés sous la protection de la CITES, la convention internationale sur les espèces menacées,, les nandous font l’objet de contrôles précis pour limiter la diminution de leurs populations. Entre déclarations administratives, autorisations obligatoires, suivi de chaque spécimen : tout est encadré dès lors qu’ils sont hébergés en parc animalier ou en élevage.
La législation française considère le nandou comme un animal non domestique. Son acquisition impose d’obtenir un certificat de capacité, attestant que l’éleveur possède les connaissances et les infrastructures adéquates. Toute ouverture d’établissement nécessite l’aval des autorités compétentes. Les contrôles portent tant sur l’espace de vie que sur la sécurité, garantissant une cohabitation sereine avec le public.
Le statut de conservation du nandou ne passe pas inaperçu : « quasi menacé » pour Rhea americana selon l’UICN, « vulnérable » ou « en danger » pour Rhea pennata. Cette vigilance vise à éviter l’épuisement des populations sauvages tout en encadrant la coexistence de l’espèce et des activités humaines.
Tour d’horizon des plus grands oiseaux du monde : entre records et curiosités
Dans le vaste éventail du monde des oiseaux, certains spécimens défient les lois de la nature par leur taille ou leur masse. En tête, l’autruche, géante d’Afrique, qui atteint 2,70 mètres et peut peser jusqu’à 150 kg. L’émeu d’Australie la suit, puis vient le nandou d’Amérique : 1,50 mètre et jusqu’à 30 kg, de quoi dominer l’Amérique du Sud. Le nandou de Darwin (Rhea pennata), beaucoup plus discret, dépasse à peine le mètre et flirte avec les dix kilos.
Pour mettre en perspective ces champions, voici quelques records à retenir :
- Autruche : incontournable par sa taille et son poids hors normes
- Émeu : atteint 1,90 mètre avec un poids qui approche 50 kg
- Nandou d’Amérique : figure remarquable des vastes pampas
- Nandou de Darwin : profil plus élancé, adapté au vent de la Patagonie
Les variations sautent aux yeux : le nandou possède trois doigts à chaque patte, là où l’autruche se contente de deux. Ses grandes ailes assurent équilibre et agilité, capables de soutenir des pointes à 60 km/h. Adaptables, ces oiseaux prospèrent dans des écosystèmes allant des steppes d’Argentine aux plaines africaines, incarnant la diversité des stratégies évolutives possibles.
Que ce soit chez le pélican blanc, les flamants roses ou les oiseaux rapaces comme la harpie féroce, le règne aviaire regorge d’exemples fascinants de biodiversité et d’adaptation continue. Par son allure étonnante et ses sociétés soudées, le nandou rappelle que la frontière entre curiosité zoologique et enjeu de conservation demeure ténue. Qui sait quelles autres surprises le monde animal réserve sous ses plumes ?