
Examinons sa généalogie, puis sa dynamique à travers une constellation selon Bert Hellinger.
La généalogie de William
Plutôt que de s’intéresser uniquement à son œuvre, regardons de plus près l’histoire de sa famille, puis celle qu’il a fondée.
Famille d’origine de William Shakespeare : trois sœurs disparues trop tôt
Les archives ne laissent que peu de place au doute. Voici l’arbre généalogique de Shakespeare, tel qu’il ressort de geneanet :

Le contexte familial de Shakespeare se dessine ainsi :
- John Shakespeare, le père, fabriquait des gants et travaillait le cuir. Pour compléter ses revenus, il prêtait de l’argent, commerçait la laine, la viande, les céréales. Il était aussi huissier de justice, représentant du roi à Stratford-upon-Avon, à 150 kilomètres au nord-ouest de Londres. En 1577, acculé par les dettes, il hypothèque les biens de sa femme. Il sera finalement banni des assemblées de sa confrérie en 1586.
- Mary Arden, la mère, est née en 1540. Plus jeune d’une famille de huit filles, fille de Robert Arden qui, remarié à Agnès Hill en 1548, aura quatre autres enfants. Mary grandit avec sa belle-mère, perd son père à 16 ans. Son propre mariage a lieu alors qu’elle n’a que 17 ans, face à John qui en a déjà 26.
À 18 ans, William épouse Anne Hathaway, enceinte de trois mois. Ce mariage est célébré le 28 novembre 1582, trois ans après la disparition de sa sœur Anne.
La famille de William : un fils emporté à 9 ans
L’union entre William et Anne Hathaway remonte à 1582.
Le couple aura trois enfants.
Voici ce que l’on sait sur leur descendance :
- Leur fille aînée, Susanna, est conçue avant le mariage.
- Leur fils unique, Hamnet, jumeau de Judith, meurt à 11 ans.
- En 1616, Judith épouse Thomas Quiney. Shakespeare, peu confiant envers son beau-fils, lègue ses biens principalement à Susanna et laisse à Anne Hathaway son fameux « second meilleur lit ».
Regardons maintenant ce que révèle la constellation familiale.
La constellation familiale de Shakespeare
Les parents de William et leurs enfants, vivants et absents
Imaginez la scène : les représentants de John et Mary côte à côte. Joan, leur première fille, se place face à eux. Les parents rayonnent.
- Mais lorsque Joan meurt, la mère est bouleversée. Le père, lui, reste distant, espérant un héritier masculin.
- L’arrivée de Margaret, la suivante, ne comble pas ce manque. La mère continue d’encaisser les coups. Le père se retranche derrière une certaine fatalité.
- À la naissance de William, il sent la présence de ses sœurs disparues. Il qualifie la situation de « collante » et se protège. « Je détourne le regard, ça ira mieux. »
- Puis vient Anne, qui se tient devant John, son père. William, lui, reste absorbé par la mémoire de ses sœurs disparues, ignorant la présence vivante d’Anne. Quand elle meurt à huit ans, William confie : « Cette fois, ça me touche plus que les autres. »
William, Anne et leurs propres enfants
Anne Hathaway rejoint William sur sa gauche. L’équilibre semble trouvé.
- Leur progéniture arrive. Quand Hamnet s’éteint, âgé d’à peine 10 ans, William ne laisse filtrer qu’une émotion discrète. Son père, John, toujours en vie lorsque son petit-fils meurt, confie : « Avec l’âge, voir partir les siens touche plus fort. »
- Mary, la mère de William, se retrouve en souffrance. William, lui, ressent l’envie de rejoindre sa défunte sœur Anne.
Au final, William ne se laisse pas submerger par la perte de son fils. Son attention reste tournée vers sa mère, marquée par le deuil, et sa sœur disparue.
Le théâtre des absents
Shakespeare a traversé la disparition de plusieurs sœurs et celle de son fils. Il affirme haut et fort ne pas vouloir s’attarder sur ses morts, mais ils hantent ses œuvres, ressuscitant parfois sur scène, à l’image du père de Hamlet.
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